Umut Bozok : « Jouer contre l’OM, ça donne envie de se surpasser »

Umut Bozok : « Jouer contre l’OM, ça donne envie de se surpasser »

18 août 2018 0 Par Léo Khozian

Arrivé la saison dernière à Nîmes, Umut Bozok a éclaboussé la ligue 2 de son talent en terminant meilleur buteur du championnat (24 buts), permettant à son club d’accéder à l’échelon supérieure. Pour sa première année en Ligue 1, l’attaquant de 21 ans nourrit des ambitions élevées, après avoir vu son rêve de devenir footballeur mis en balance par son club formateur.

Dans la vie, tout s’est enchaîné très vite pour toi. Commençons par le début : Comment on vit le fait de ne pas être retenu par un centre de formation, qui plus est celui de son club de cœur, Metz ?

Umut Bozok : C’est compliqué, tu fais partie d’une génération qui a de très bons joueurs, tu fais en sorte que tout se passe bien, à l’école en dehors, on te dit de ne pas t’en faire parce que tes résultats sont bons. Et quand tu te rends compte que ton rêve ne se réalisera pas, c’est très dur. J’ai pensé que je ne serais pas joueur de football professionnel. 

Tu as la possibilité d’avoir rapidement un essai avec Marseille – Consolat, avec quel esprit arrive tu dans le deuxième club de Marseille ?

U.B : Avant Marseille, j’ai eu deux essais à Boulogne et Sedan, mais les deux clubs ont traîné à me faire une proposition de contrat. Marseille – Consolat était en stage de pré-saison à Mende en Lozère, et un attaquant leur fait faux bond. ils m’appellent un lundi soir pour les rejoindre le lendemain à 14h. J’ai pris un train le soir pour Paris, où j’ai dormi. Le lendemain, j’ai pris le train jusqu’à Clermont, puis Clermont/Mende. Je suis arrivé ultra-motivé, et au bout de deux jours ils voulaient me faire signer.

Finalement tu t’acclimates très vite et tu finis meilleur buteur du championnat de National avec 18 buts, comment expliques-tu ce déclic ?

U.B : J’avais besoin de me reconstruire. J’étais dans un super club, un club avec de la  « grinta », des vraies valeurs de quartier, de solidarité. Je suis toujours en contact avec mes anciens coéquipiers. C’était le club qu’il me fallait, avec le coach Nicolas Usai, une personne importante. Tout le staff m’a mis dans de bonnes conditions.

Tu ne t’éternises pas à Marseille, et tu rejoins Nîmes un an après, quel souvenir gardes-tu de la ville ? Du club ?

U.B : C’est assez compliqué, Marseille est une grande ville. J’ai eu du mal à trouver appartement, je cherchais en dehors de Marseille, et au final, je me retrouve en pleine Canebière (rires). Mais on s’y fait, on prend le rythme, les bouchons, Marseille très belle ville, on se noie dans la masse, j’ai beaucoup aimé, et je reviens souvent dans le coin.

L’OM est un club historique, qui fait partie du top 5 français. Marseille est une ville de football. J’allais régulièrement au Stade Vélodrome, j’y allais en métro. On ne peut que garder un bon souvenir de ce stade. C’est indescriptible, il y a tellement de ferveur. Le public est passionné. J’étais au match OM-PSG il y a deux ans, et malgré le résultat, c’était riche en émotions.

À Nîmes, ton intégration est express, tu ne perds pas de temps et du termines meilleur buteur avec 24 buts, et ton association diabolique avec Alioui permet à Nîmes d’accéder à l’élite. Comment tu expliques ce pallier franchit avec autant d’aisance ?

U.B : Je n’étais pas prêt à ça. Mentalement je n’étais pas prêt. Tout le mérite revient à l’équipe, au staff, au coach. J’était dans de bonnes conditions, j’étais épanoui. Nîmes est une ville chaleureuse, très accueillante. Avec Rachid (Alioui) on s’est tiré vers le haut toute la saison. C’est mon acolyte. Il aurait dû faire la Coupe du monde avec le Maroc mais il s’est blessé. J’ai essayé de l’accompagner comme il l’a fait pour moi, ce n’était pas une compétition. On n’essayait pas d’être meilleur que l’autre, mais on essayait d’être le meilleur binôme, la meilleure attaque du championnat.

Tu ne t’étais pas attardé à Consolat après ton titre de meilleur buteur. Il reste 15 jours de mercato, est-ce que tu as été approché par d’autres club de l’élite ou de l’étranger ?

U.B : Il y a eu des approches, c’est normal, j’ai fais une belle saison, mais il n’y a pas eu plus. RIen n’a bougé, j’ai débuté la saison avec Nîmes, et même s’il reste deux semaines de mercato, cela devrait rester comme tel.

Quelle est ton ambition cette année, poursuivre avec Nîmes et se maintenir en Ligue 1 et bousculer  de plus grosses écuries ?

L’objectif est simple, c’est de se maintenir en Ligue 1. Après, il y aura plus si affinité, on sait pas comment peut se dérouler une saison. Peut être qu’un jour on pourra devenir une équipe solide de ce championnat, mais c’est très long. Nîmes revient pour la première fois en Ligue 1 depuis 25 ans, et notre devoir cette saison c’est de nous maintenir à ce niveau.

Tu n’as que 21 ans, ton ascension est vertigineuse, si tu avais un rêve à accomplir, quel serait-il ?

U.B : Mon rêve serait de jouer une ligue des champions, une coupe d’Europe ou coupe du monde avec son pays et son club. Je pense que tout les joueurs rêvent de ça.

 

« Le karaté m’a aidé dans ma vie de footballeur, dans la souplesse, dans les frappes, et surtout dans le self-control. »

 

Sur le plan sportif, tu réponds aux appels de la sélection turque depuis les u17, ton objectif est de poursuivre dans ce sens avec la sélection A, ou tu pourrais être tenté par l’équipe de France si jamais ils venaient à t’appeler ?

U.B : Aujourd’hui, je n’ai pas encore eu ce choix à faire, la France ne m’a pas encore contacté donc la question ne se pose pas. Le sélectionneur des espoirs turcs ne m’a pas appelé non plus lors des dernières sélections. Néanmoins, je ne me préoccupe pas de ça. Je sais que les sélections sont le fruits de bons résultats en club, donc je reste concentré sur ma saison avec Nîmes, on verra pour la suite.

Tu as plusieurs cordes à ton arc puisqu’en plus de ton niveau en football, tu es connu aussi pour tes talents de pianiste ET de karaté (ceinture noire). Comment trouve on le temps de cumuler toutes ces passions lorsque l’on est footballeur professionnel ?

U.B : Le piano c’est assez pratique, j’en ai un chez moi donc je joue quand je veux et à l’heure que je veux. Le karaté j’ai laissé tombé il y a quelques temps parce que je ne pouvais pas marier les deux. Le karaté sera aux JO à Paris en 2024 donc je suis toujours ça avec attention, j’ai combattu contre certains qui sont internationaux aujourd’hui, donc je vis toujours le sport à travers eux et je me tiens régulièrement au courant de l’actualité. Le karaté m’a aidé dans ma vie de footballeur, dans la souplesse, dans les frappes, et surtout dans le self-control.

Revenons sur tes débuts en ligue 1, avec ce match fou. Tu as senti le changement avec la Ligue 2 ?

U.B : Sincèrement, on l’a vécu un peu comme une rentrée des classes. On était les petits nouveaux, personne ne nous connaissait, et nous on ne savait pas à quoi s’attendre. On est arrivé sur la pointe des pieds, on s’est fait discret. Dès le début du match on fait 30 min de haute intensité. Ensuite on pêche un peu lors du début de la deuxième mi-temps et on le paie cash. C’est le plus haut niveau, la moindre erreur est sanctionnée. Heureusement pour nous, on finit en fanfare, avec de la générosité dans l’effort, et on remporte ce match un peu fou. Il y a beaucoup de choses à corriger si on veut continuer à gagner des matchs.

Justement, le premier gros choc de votre saison arrive dimanche, puisque vous recevez l’OM. Quelle est votre ressenti avant ce match?

U.B : Il y a une attente particulière de la part des supporters, le stade sera plein à craquer. Avec les joueurs, on a craint à un moment que le match soit délocalisé. On aura besoin de notre public pour nous pousser. L’OM est favori, à nous de tout faire pour faire mentir les statistiques.Tout le monde est très concentré. Jouer contre l’OM, ça donne envie de se surpasser. Il faut résister contre des gros morceaux du championnat si l’on veut exister cette saison, alors pourquoi ne pas commencer ce week-end?